Pour en finir avec la stigmatisation en santé mentale – Partie 1

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 « Les gens m’évitent, les gens m’ignorent, les gens me traitent différemment. »

Imagine-toi debout, regardant le monde s’activer. Toi, au centre, tu vois les gens, tu vois la vie. Tu vois ces gens qui parlent, ces gens qui rient, ces gens qui s’entraident. Dans un élan, tu t’avances pour les rejoindre. Au moment où tu tends la main vers ces gens, tes doigts s’écrasent contre quelque chose de dur et de froid. Sur le coup, tu ne comprends pas. La douleur dans ton poing est trop vive. Puis, tu vois le verre, partout autour de toi. À vrai dire, ce sont des murs en vitre. D’où sont-ils apparus? Pas le temps de penser à ça, tu dois sortir de là. Pour attirer l’attention des gens, tu frappes contre la vitre, en criant à l’aide. Leur regard se pose sur toi, l’espace d’un instant. Ces gens te regardent, comme on regarde quelque chose d’inusité. D’autres passent devant toi sans lever le regard. Le souffle court après t’être démené, en vain, tu regardes ces gens, décontenancé. Tu cherches leur regard, tu cherches la compassion et l’entraide qu’ils témoignent les uns aux autres. Ton dos glisse contre la vitre, tes jambes s’affaissent. C’est alors que tu comprends.

« Je sais ce que c’est qu’être étiquetée et rejetée. Pourquoi me juger maintenant que vous savez? »

Depuis ses 13 ans, Colleen* a reçu successivement des diagnostiques de dépression, de troubles de la personnalité borderline, de bipolarité, de schizophrénie, de trouble alimentaire, pour nommer les principaux… Comme Colleen l’a souligné, c’est difficile de se retrouver au début de l’adolescence avec un tel diagnostique.

Du haut de ses 30 ans, Colleen nous parle de ses problèmes personnels, assise dans son 2 ½; les préjugés qu’elle a subi, les emplois qu’elle a perdus, le programme d’éducation qu’elle a dû quitter. Malheureusement, elle est loin d’être la seule à vivre de telles épreuves. Les gens diagnostiqué avec des problèmes de santé mentale font face à de nombreuses situations où leur valeur est remise en question. Malgré tout, Colleen garde espoir, et surtout, elle le partage avec les autres.

“Je ne sais pas si c’est ma théorie sur la vie, mais je me dis toujours qu’il y a une raison. Si ça peut aider quelqu’un à traverser une épreuve ou juste leur donner espoir que ça va aller mieux… Alors là, je me dis que ça a valu la peine. Que c’était ça la raison, c’était ça le but.

 


Ceci est le premier article d’une série de trois publications sur l’histoire de Colleen. Restez à l’affût pour la deuxième partie qui sera publiée la semaine prochaine, le mardi 12 juillet 2016.

*à des fins de protection d’identité, PCBO ne révèle pas les noms de famille.

Citations originales en anglais. Traduction libre en français.

Virgine Grenier-Deschênes

 



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