Pour en finir avec la stigmatisation en santé mentale – Partie 2

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D’après l’expérience de Colleen, à partir du moment où le gens associent la maladie mentale à toi, ils ne te voient plus de la même manière. Leur perception change, leur langage change, leurs actions changent. Comme s’ils ne savaient plus comment interagir avec toi, ils construisent ces prisons de verre. C’est frustrant parce que les gens ne semblent voir que tes problèmes. Tes qualités, tes passions et ton caractère sont mis de côté. Les gens ne te voient qu’au travers une vitre qui te brouille, qui te déforme, qui te brise. C’est une pièce dans laquelle tu es emprisonné contre ton gré.

«Peu importe les choses bien qu’on peut me dire, à l’intérieur de moi je n’y crois pas. Je ne suis pas capable d’y croire. C’est comme si cette partie de moi était éteinte.»

Depuis son enfance, Colleen a été entourée par le secteur de la santé et des services sociaux. Tout d’abord, pour offrir du support à son père qui vit aussi avec des problèmes de santé mentale. Elle n’avait que cinq ans lorsque son père est entré dans le programme d’appartements des églises (CAP) offert par Parrainage Civique de la Banlieue Ouest (PCBO). Ce programme comprend sept résidences où 44 personnes vulnérables bénéficient d’un logement à faible coût, de rencontres hebdomadaires et d’activités sociales.

Colleen a surmonté de nombreuses épreuves, à commencer par sa propre recherche de soi. Dès ses premiers diagnostiques, elle a commencé à lire énormément sur la santé mentale. Malgré une juste compréhension d’elle-même, Colleen a trouvé difficile d’être acceptée par les autres. Alors qu’elle tente de se définir en fonction de ses passions et de ses buts, elle sent que les gens ne voient que ses problèmes de santé mentale. Le message que Colleen souhaite partager à travers son histoire, c’est que la santé mentale ne définit pas une personne.

«Ils m’ont dit: tu as des problèmes de santé mentale, donc tu ne peux pas devenir travailleur sociale. Ça l’a brisé mon cœur parce que c’était mon rêve d’aider les gens.»

Si le mot résilience n’avait pas déjà sa place dans le dictionnaire, Colleen en aurait été la définition même. Avec une perversité enrageante, les embûches n’ont fait que s’accumuler ces quinze dernières années. Les responsabilités de la vie adulte s’imposent alors que Colleen rentre au Cégep. C’est avec une sincère motivation d’aider les autres à passer par-dessus les épreuves de la vie qu’elle commence la technique en travail social. Colleen n’a pas le temps de finir sa première année que les murs de vitre s’installent autour d’elle. Sans cérémonie, Colleen se fait dire que quelqu’un avec des problèmes de santé mentale n’est pas apte à aider les gens. Elle est priée de quitter le programme. Elle voit son rêve éclater en mille morceaux au sol.


Ceci est le deuxième article d’une série de trois publications sur l’histoire de Colleen. Restez à l’affût pour la troisième partie qui sera publiée la semaine prochaine, le mardi 19 juillet 2016.

Citations originales en anglais. Traduction libre en français.

Virgine Grenier-Deschênes



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