QUATRE VÉRITÉS DOUTEUSES AU SUJET DU BÉNÉVOLAT

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Agrémenté d’extraits d’entrevue avec Lorraine, bénévole avec le PCBO.

Lorraine fait du bénévolat auprès du PCBO depuis sept ans. Au cours de ces années, elle a été jumelée avec trois protégés. Définitivement, Lorraine est la personnification même de la philosophie “aider son prochain”. La preuve réside dans les amitiés sincères qu’elle a développée avec ses protégés.

1. Je n’ai pas le temps de faire du bénévolat. Seuls les retraités peuvent se le permettre.

Au PCBO, la moitié des bénévoles a plus de 65 ans. Malheureusement, le nombre de personnes qui ont besoin d’un bénévole dépasse grandement le pourcentage de retraités actifs.  Un exemple qui reflète cette réalité est notre liste d’attente ou figurent les noms de plus de 200 personnes en situation vulnérable. L’Ouest de l’île a besoin que toutes les tranches d’âge prennent un rôle actif dans le bien-être de la communauté.

Lorraine, qui est maintenant à la retraite, a partagé quelques mots au sujet de la conciliation carrière-bénévolat: “Vous savez, c’est possible de trouver le temps pour le bénévolat. Quand j’étais enseignante, j’allais visiter une dame qui est maintenant décédée. Je me disais que j’aimerais bien recommencer à faire du bénévolat une fois que je serai à la retraite. Je voulais vraiment m’y mettre à nouveau.”

À ses débuts dans le bénévolat, Lorraine allait chercher une dame après son travail à 3h30. Cela coïncidait avec son horaire d’enseignante.

“Il y a des gens qui souhaite seulement que quelqu’un vienne les visiter. J’allais chez elle prendre le thé. Elle était très européenne avec le plateau de transport et tout. Je l’amenais à l’épicerie et à ses rendez-vous médicaux. Pour ceux qui travaillent, c’est possible de les visiter en soirée.”

2. Je ne peux pas faire de bénévolat car je ne sais pas comment m’y prendre avec les handicaps et la santé mentale.

Comme plusieurs retraités, Lorraine a mis à contribution son temps libre pour redonner à la communauté de l’Ouest de l’île. Cela fait maintenant sept ans qu’elle et sa protégée s’entendent à merveille. Au début du jumelage, Lorraine procurait un support pratique au copain de Sandy qui est devenu aveugle dans la soixantaine avancée. Elle les amenait tous les deux à l’épicerie et à la banque. C’est à la suite du décès du copain de Sandy qu’elle est devenue la protégée principale de Lorraine.

Tout comme son feu mari, Sandy est aveugle. Lorraine n’avait jamais eu l’opportunité de travailler auprès de ce profil auparavant: “C’est bien parce qu’elle m’a beaucoup appris! Elle est très indépendante, je lui concède ce point. Bien souvent, elle va acheter un pot de cornichon et un pot d’olive, qui sont tous les deux la même taille. Ce qu’elle fait c’est qu’elle met un élastique autour d’une des sortes. Avec la soupe, voilà comment elle fait; elle les brasse et elle sait car elle est habituée. J’aime sa compagnie et ça me fait une belle sortie par la même occasion. C’est une opportunité de voir à travers ses yeux, vous voyez.”

3. Les gens sont à l’aise financièrement dans l’Ouest de l’île. Il n’y a pas de pauvreté ici.

Malgré le fait que la majorité des citoyens de l’Ouest de l’île peut se permettre une vie agréable financièrement parlant, il y a des milliers de foyers à faible revenu. D’après Centraide, Pierrefonds, Dorval et Dollard-des-Ormeaux sont les villes de l’Ouest de l’île avec le plus grand taux de foyers à faible revenu. En fait, ce mythe a pour conséquence que la pauvreté passe inaperçue.

Pourtant, le PCBO entend toutes sortes d’histoires où les abus, les mauvais traitements, la fraude, l’abandon et l’isolement tissent une toile bien sombre. À l’heure actuelle dans l’Ouest de l’île, des aînés sont abandonnés par leur famille et laissés entre les mains de l’état qui peine à offrir des services adéquats dans certains établissements; des adultes vivant avec des troubles de santé mentale sont laissés sans support pour arriver à la fin du mois; des gens ne parlant ni français et anglais ne sont pas en mesure d’accéder aux services sociaux et légaux.

4. Il n’y a pas grand-chose à en retirer.

Ceci est probablement la phrase la plus erronée de cet article. En fait, à de nombreuses reprises les bénévoles déclarent que le bénévolat leur apporte beaucoup plus que ce qu’ils donnent. À l’image de nombreux jumelages du PCBO, Sandy et Lorraine sont devenues de bonnes amies. Le bénévolat ouvre les gens aux défis que rencontrent les autres, mais aussi à l’existence de leurs propres privilèges :

“C’est une occasion d’apprendre au sujet d’autrui. Comme dans le cas de Sandy, je réalise que la vie est belle malgré tout ce qu’elle a traversé. Vous savez, ne pas avoir de famille, mais demeurer à la fois très indépendante et sociale. On apprend énormément sans s’en rendre compte.”

Parfois ce sont les petits moments comme celui-ci qui rendent le tout mémorable: “Alors, j’allais visiter cette dame. Je cogne à la porte, et la voilà toute habillée avec sa marchette. Je lui demande ‘Venez-vous avec moi?’ Et elle me répond  ‘bien sûr que je viens avec toi!’. Il y aussi cette fois quand elle a dit: ‘je ne me sens pas très bien aujourd’hui’. Et donc j’ai suggéré : ‘c’est peut-être parce qu’il fait très chaud’. Puis, elle répond : ‘non, c’est parce que j’ai 100 ans que je ne me sens pas très bien!’ ”

C’est certain qu’avec un tel entrain, le bénévolat devient une activité bien plaisante: “ “Ils ont une attitude très agréable; ils apprécient beaucoup; toujours en train de rire. On passe du bon temps ensemble. Mes deux protégés viennent d’Europe et ont vécu des situations inimaginables. Malgré tout, ils gardent un bon sens de l’humour. J’apprécie sincèrement leur compagnie.”

 



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